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Compétences économiques des candidats - Instrumentalisation sexiste

Citation :
« Communiqué de presse de François REBSAMEN et Jean-Louis BIANCO
Directeurs de campagne de Ségolène ROYAL
A qui profite un tel sondage?
L'institut Opinion Way a déjà à plusieurs reprises démontré son manque de fiabilité. Sans aucune précision sur les marges d'erreur, cet organisme proclame que Nicolas Sarkozy serait le vainqueur du débat d'hier soir sur tous les sujets économiques et sociaux, abandonnant les restes d'empathie à Ségolène Royal pour les thèmes dits compassionnels. François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, directeurs de campagne de Ségolène Royal, s'insurgent contre ces pratiques et dénoncent des manoeuvres de commande. »

Ce sondage montre clairement, n’en déplaisent à  ceux et celles qui ne veulent pas voir ce problème, qu’il y a bien une opposition sexiste à Madame Royal, avec une conséquence immédiate : la faiblesse du vote des femmes en faveur de Ségolène Royal, et en particulier des femmes et des intellectuelles du centre gauche et de la gauche.

D’autant que les propositions de Madame Royal  et de son équipe sont d’une intelligence et d’une maîtrise technique et intellectuelle qui se situent plusieurs facteurs d’échelle en dessus de ceux de Monsieur Sarkozy. A l’inverse, c’est M. Sarkozy et son équipe qui ont choisi pour cette fin de campagne un ton compassionnel

En effet, les réponses soi-disant claires de Monsieur Sarkozy relèvent d’une forme de pensée simpliste : entrée / sortie,  symptôme / remède, comptabilité simple de type débit / crédit. Elles manquent donc du niveau d’abstraction nécessaire pour régler les problèmes d’un ordre de complexité supérieure tels que le sont les problèmes des retraites, de l’immigration, des salaires, de la relance économique, etc.. Sur le plan strictement technique, sans parler de compassion humaine et sociale, réduire exemple la question du salaire à un seul paramètre, celui de la durée par exemple, ne peut que conduire à des solutions aberrantes pour l’économie elle-même. Si nous, scientifiques, fabriquions nos ordinateurs, nos programmes, nos voitures, nos ponts, de cette façon, ils ne dureraient pas plus de quelques secondes. Si notre organisme était ainsi régulé, il ne serait jamais né. Si les médecins nous soignaient aujourd’hui ainsi, les maladies auxquelles nous sommes confrontés n’auraient aucune chance de guérison. Le système économique de M. Sarkozy et de son équipe – le modèle, dirions-nous, scientifiquement– ne sait manipuler qu’un seul paramètre à la fois.

Pour les français dont il est dit qu’il ne comprendraient pas, voici une simulation du dialogue Sarkozy - Royal,  qui illustre cela sur un exemple plus quotidien:
M. Sarkozy : Mme Royal, vous conduisez. Vous rencontrez un arbre sur la route. Ma question est simple : Vous continuez à accélérer, oui ou non.
Réponse de Mme Royal : Je freine, M. Sarkozy.
M. Sarkozy : Vous ne répondez pas à la question. Répondez : vous continuer à accélérer,  oui ou non
Réponse de Mme Royal : Je freine, M. Sarkozy. Et éventuellement, je rétrograde.
M. Sarkozy : Ah ! Les Français ne peuvent pas comprendre. Ils ne peuvent pas accepter des « éventuellement ». Ils veulent des réponses claires.

Si la voiture n’est pas une trottinette, si elle a trois pédales au lieu d’une seule, si l’on doit apprendre à manipuler 3 pédales et un levier avec deux pieds et une main, c’est sans doute que c’est nécessaire.

Le mode de raisonnement de M Sarkozy est similaire à celui de M. Bush : « Il y a un dictateur, je l’enlève puis je mets une démocratie ». Les résultats des premiers mois sont certes spectaculaires. « Ah, regardez. Moi, je suis un homme d’action. J’ai des résultats, J’avance ». Puis ensuite, c’est la catastrophe. La complexité du système a été sous-estimée.
C’est ce qui va nous arriver avec le modèle socio-économique de M. Sarkozy, caricature du modèle économique néo-classique. Nous pouvons proprement parler de « Bushisation » de la droite française.

Au contraire, le système de pensée et de gouvernement que développe Ségolène Royal correspond à des modèles, certes plus complexes, mais plus justes des questions à traiter. Ainsi, le modèle du financement des retraites à trois pôles qu’elle a présenté : la bonne réponse n’est pas de donner le chiffre précis qui va passer d’un compte à l’autre mais de mettre en place les règles d’un système qui, dans son fonctionnement, convergera vers le but à atteindre. De même la question des salaires. Le système de M. Sarkozy ne retient qu’un seul potentiomètre : celui de l’allongement de la durée du travail. Celui de Mme Royal en manipule trois : la durée du travail, la valeur horaire, la qualification. Nous avons plus de possibilité de la rendre plus stable et de plus longue efficacité économique et sociale que celui de M. Sarkozy.
De même la question du dialogue avec les partenaires sociaux. Ce n’est pas seulement pour maintenir les acquis sociaux ou le bien-être des salariés. C’est pour une raison socio-économique encore plus puissante. Le dialogue social un élément structurant fondamental pour maintenir la stabilité dans un système en grande mutation. Dans le cas inverse, le modèle linéaire appliqué par la droite néo-classique, et caricaturé par M. Sarkozy et la droite actuelle, a priori valable autour d’une zone de stabilité, diverge. Les problèmes que nous avons actuellement  sont des problèmes de divergence. Car les changements d’échelle,les grands déséquilibres et  les grands flux migratoires,  font sortir le système socio-économique de sa zone de convergence.
Le programme socio-économique de Mme Royal relève donc d’une conception systémique et dynamique en lieu et place d’une conception linéaire, réductionniste, et statique, cette dernière étant elle-même à des années-lumière de ce qui se traite aujourd’hui couramment en économie, même dans ses orientations néo-classiques, en vogue actuellement.

Méfiez-nous donc de ne pas donner du crédit aux modèles proposés par M. Sarkozy, sous le prétexte plus ou moins implicite que la droite, parce que droite, serait a priori la meilleure gestionnaire de son système libéral. Méfiez-vous de penser qu’à priori les bons économistes sont nécessairement à droite. Les programmes des candidats ont été évalués par des économistes ;Oui, mais lesquels ? dans notre métier, nous savons qu’il y a des bons et des moins bons partout. Les mauvais modèles, les imbéciles, ou les intérêts imbéciles, existent à droite aussi. Bush et Berlusconi en sont bien de clairs exemples.

Voilà pourquoi le handicap d’incompétence affublé à Mme Royal parce qu’elle est une femme et sa relégation dans le compassionnel, est très grave. Ils permettent d’instrumentaliser le masquage des vrais modèles sous-jacents au programme de M. Sarkozy et de son équipe.

Annie Luciani
Ingénieur

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Commentaires

Ca me rappelle la proposition de Segolene Royal : economiser la construction d'un second porte-avions pour mieux consacrer ces fonds à l'éducation nationale. Le cheminement de pensée qui l'a amenée d'un engin militaire à une école primaire est-il si trivial (tant du point de vue d'un francais un peu lent que du votre) ? Ou etait-ce la aussi un magnifique exemple de vases communicants sortis de nulle part ?

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