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  • mai 2007
  • avril 2007

Compétences économiques des candidats - Instrumentalisation sexiste

Citation :
« Communiqué de presse de François REBSAMEN et Jean-Louis BIANCO
Directeurs de campagne de Ségolène ROYAL
A qui profite un tel sondage?
L'institut Opinion Way a déjà à plusieurs reprises démontré son manque de fiabilité. Sans aucune précision sur les marges d'erreur, cet organisme proclame que Nicolas Sarkozy serait le vainqueur du débat d'hier soir sur tous les sujets économiques et sociaux, abandonnant les restes d'empathie à Ségolène Royal pour les thèmes dits compassionnels. François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, directeurs de campagne de Ségolène Royal, s'insurgent contre ces pratiques et dénoncent des manoeuvres de commande. »

Ce sondage montre clairement, n’en déplaisent à  ceux et celles qui ne veulent pas voir ce problème, qu’il y a bien une opposition sexiste à Madame Royal, avec une conséquence immédiate : la faiblesse du vote des femmes en faveur de Ségolène Royal, et en particulier des femmes et des intellectuelles du centre gauche et de la gauche.

D’autant que les propositions de Madame Royal  et de son équipe sont d’une intelligence et d’une maîtrise technique et intellectuelle qui se situent plusieurs facteurs d’échelle en dessus de ceux de Monsieur Sarkozy. A l’inverse, c’est M. Sarkozy et son équipe qui ont choisi pour cette fin de campagne un ton compassionnel

En effet, les réponses soi-disant claires de Monsieur Sarkozy relèvent d’une forme de pensée simpliste : entrée / sortie,  symptôme / remède, comptabilité simple de type débit / crédit. Elles manquent donc du niveau d’abstraction nécessaire pour régler les problèmes d’un ordre de complexité supérieure tels que le sont les problèmes des retraites, de l’immigration, des salaires, de la relance économique, etc.. Sur le plan strictement technique, sans parler de compassion humaine et sociale, réduire exemple la question du salaire à un seul paramètre, celui de la durée par exemple, ne peut que conduire à des solutions aberrantes pour l’économie elle-même. Si nous, scientifiques, fabriquions nos ordinateurs, nos programmes, nos voitures, nos ponts, de cette façon, ils ne dureraient pas plus de quelques secondes. Si notre organisme était ainsi régulé, il ne serait jamais né. Si les médecins nous soignaient aujourd’hui ainsi, les maladies auxquelles nous sommes confrontés n’auraient aucune chance de guérison. Le système économique de M. Sarkozy et de son équipe – le modèle, dirions-nous, scientifiquement– ne sait manipuler qu’un seul paramètre à la fois.

Pour les français dont il est dit qu’il ne comprendraient pas, voici une simulation du dialogue Sarkozy - Royal,  qui illustre cela sur un exemple plus quotidien:
M. Sarkozy : Mme Royal, vous conduisez. Vous rencontrez un arbre sur la route. Ma question est simple : Vous continuez à accélérer, oui ou non.
Réponse de Mme Royal : Je freine, M. Sarkozy.
M. Sarkozy : Vous ne répondez pas à la question. Répondez : vous continuer à accélérer,  oui ou non
Réponse de Mme Royal : Je freine, M. Sarkozy. Et éventuellement, je rétrograde.
M. Sarkozy : Ah ! Les Français ne peuvent pas comprendre. Ils ne peuvent pas accepter des « éventuellement ». Ils veulent des réponses claires.

Si la voiture n’est pas une trottinette, si elle a trois pédales au lieu d’une seule, si l’on doit apprendre à manipuler 3 pédales et un levier avec deux pieds et une main, c’est sans doute que c’est nécessaire.

Le mode de raisonnement de M Sarkozy est similaire à celui de M. Bush : « Il y a un dictateur, je l’enlève puis je mets une démocratie ». Les résultats des premiers mois sont certes spectaculaires. « Ah, regardez. Moi, je suis un homme d’action. J’ai des résultats, J’avance ». Puis ensuite, c’est la catastrophe. La complexité du système a été sous-estimée.
C’est ce qui va nous arriver avec le modèle socio-économique de M. Sarkozy, caricature du modèle économique néo-classique. Nous pouvons proprement parler de « Bushisation » de la droite française.

Au contraire, le système de pensée et de gouvernement que développe Ségolène Royal correspond à des modèles, certes plus complexes, mais plus justes des questions à traiter. Ainsi, le modèle du financement des retraites à trois pôles qu’elle a présenté : la bonne réponse n’est pas de donner le chiffre précis qui va passer d’un compte à l’autre mais de mettre en place les règles d’un système qui, dans son fonctionnement, convergera vers le but à atteindre. De même la question des salaires. Le système de M. Sarkozy ne retient qu’un seul potentiomètre : celui de l’allongement de la durée du travail. Celui de Mme Royal en manipule trois : la durée du travail, la valeur horaire, la qualification. Nous avons plus de possibilité de la rendre plus stable et de plus longue efficacité économique et sociale que celui de M. Sarkozy.
De même la question du dialogue avec les partenaires sociaux. Ce n’est pas seulement pour maintenir les acquis sociaux ou le bien-être des salariés. C’est pour une raison socio-économique encore plus puissante. Le dialogue social un élément structurant fondamental pour maintenir la stabilité dans un système en grande mutation. Dans le cas inverse, le modèle linéaire appliqué par la droite néo-classique, et caricaturé par M. Sarkozy et la droite actuelle, a priori valable autour d’une zone de stabilité, diverge. Les problèmes que nous avons actuellement  sont des problèmes de divergence. Car les changements d’échelle,les grands déséquilibres et  les grands flux migratoires,  font sortir le système socio-économique de sa zone de convergence.
Le programme socio-économique de Mme Royal relève donc d’une conception systémique et dynamique en lieu et place d’une conception linéaire, réductionniste, et statique, cette dernière étant elle-même à des années-lumière de ce qui se traite aujourd’hui couramment en économie, même dans ses orientations néo-classiques, en vogue actuellement.

Méfiez-nous donc de ne pas donner du crédit aux modèles proposés par M. Sarkozy, sous le prétexte plus ou moins implicite que la droite, parce que droite, serait a priori la meilleure gestionnaire de son système libéral. Méfiez-vous de penser qu’à priori les bons économistes sont nécessairement à droite. Les programmes des candidats ont été évalués par des économistes ;Oui, mais lesquels ? dans notre métier, nous savons qu’il y a des bons et des moins bons partout. Les mauvais modèles, les imbéciles, ou les intérêts imbéciles, existent à droite aussi. Bush et Berlusconi en sont bien de clairs exemples.

Voilà pourquoi le handicap d’incompétence affublé à Mme Royal parce qu’elle est une femme et sa relégation dans le compassionnel, est très grave. Ils permettent d’instrumentaliser le masquage des vrais modèles sous-jacents au programme de M. Sarkozy et de son équipe.

Annie Luciani
Ingénieur

Rédigé le 04/05/2007 à 11:08 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Appel à mes collègues femmes et aux hommes qui nous soutiennent

Une femme est aujourd’hui, pour la première fois, au deuxième tour des présidentielles.

Pour la première fois, 1/3 des candidats étaient des candidates. Et nous ne pouvons que reconnaître, quelles que soient nos idées politiques, qu’elles furent, chacune à leur manière brillantes. Brillantes car déterminées, sincères, non empesées dans des rôles figés. Par leur énergie, elles ont représenté la nôtre, celle que nous mettons en oeuvre tous les jours pour assurer notre existence dans notre métier.

D’autant que cette candidate rassemble toute la gauche traditionnelle et que de plus, par sa liberté de positionnement et par sa détermination, par ses valeurs démocratiques et humanistes, elle n’a pas peur de rassembler au delà.

Même si je ne suis personnellement pas d’accord sur ce point, même si la personnalité ou les origines de Ségolène Royal sont bien loin des miennes, je reconnais là ce qui fait une de nos forces : le devoir, … la bravitude, oui en effet, avant et en lieu et place de la bravoure (cette supposée qualité qui a conduit à une mort stérile tant de nos jeunes gens, dans des duels ou des champs de bataille). Tous les jours, dans le quotidien, ce sont beaucoup d’entre nous qui font passer le devoir pour la réussite des entreprises dans lesquelles nous sommes, avant un quelconque autre intérêt.

C’est un moment historique. Ce n’est pas un fait anodin auquel il faudrait s’accoutumer prématurément aujourd’hui, alors que nous n’en sommes qu’à une phase potentielle. Celui de poursuivre  dans les mœurs le progrès vers la non discrimination : tous à toutes les fonctions. Charpentier/Charpentière, Patron/Patronne, Chercheur/Chercheuse… Président/Présidente. La France est sur ce point très en retard.

Parmi tous les combats parmi tous les progrès que nous espérons, s’il y en a un – et un seul - qui peut être gagné avec certitude, c’est celui-là.

Or, j’ai éprouvé le besoin impérieux d’écrire cet appel, car j’ai le sentiment - sentiment que je vis et que j’ai vécu moi-même au premier tour - qu’au dernier moment, nous allons hésiter. Hésiter à transformer l’essai, le laisser au stade potentiel. Que nous sommes, comme cela nous est arrivé bien souvent dans notre vie familiale et professionnelle, en état de recréer de nous-mêmes le plafond de verre que par notre activité quotidienne nous faisons pourtant sauter tous les jours. Que nous risquons de reculer, alors même que nos compagnons et nos collègues bien souvent aujourd’hui ne nous le demandent pas, et apprécient notre énergie et notre compétence, reconnaissent les difficultés que nous avons eu à affronter.

Et cela, sous des arguments et postures diverses :
-    la peur de paraître partiale et sans profondeur en votant sous l’argument que ce serait une femme ;
-    en laissant s’installer le sentiment qu’elle n’est pas à l’aise, alors que nous ne sommes pas habitué(e)s à voir une femme dans cette posture (lever les bras devant la foule par exemple, ou traverser sur une estrade en jupe), alors que son style calme, posé, et même souriant, est en effet inhabituel dans l’arène politique, et même professionnelle. Toutes ces petites choses qui relèvent de la discrimination – voire même du racisme – au quotidien;
-    ou alors en adoptant des arguments étranges et contradictoires : elle n’est pas assez à gauche donc je vote encore plus à droite, etc.

Cette femme est sûre, solide, calme, décidée. Elle a la force de la vie. Elle est motivée par le devoir, tel que nous, femmes, nous le comprenons. Elle se sent investie d’une mission pour d’autres que pour elle-même et vous savez, tous et toutes, que lorsque nous nous sentons ainsi investies, nous savons entraîner avec nous et aller de l’avant.

Ne gaspillons pas cette chance inédite. Elle ne se reproduira peut-être pas de si tôt.

Annie Luciani
Grenoble, le 29 avril 2007

Rédigé le 29/04/2007 à 17:44 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (2)

Soutien à Ségolène Royal - Appel aux cadres du parti socialiste et de toutes les formations de gauche

Le discours de Ségolène Royal après le premier tour m'a à nouveau surpris, moi qui il y a quelques mois la mésestimait, comme beaucoup. Car il a été d'une grande hauteur et d'une grande tenue. Il m’est alors apparu nécessaire aujourd'hui de dire qu’il nous faut savoir écouter et être sensible à ce quelque chose de plus qui n'est rien d'autre qu'une grande hauteur morale et intellectuelle, une vision, un calme, une force, en un mot une sorte de "nouvel humanisme". C'est cela qui est en jeu et que beaucoup ont ressenti dans ce discours. Au delà du programme, au sens technique des propositions, qui, pour tous peuvent fluctuer, il s'agit véritablement d'une vision humaniste de l'homme et de la démocratie, qui se concrétise dans la politique en tant qu'outil de gestion des affaires humaines. C'est pourquoi, il faut oser dire aujourd'hui, qu'en tant que personne, dans ce discours, Ségolène Royal avait réellement l'intonation non surfaite d'un De gaulle ou d'un Mitterrand, avec par moment juste un léger déficit d'assurance, si fréquent chez les femmes. C'est pourquoi Il est nécessaire de demander à tous, à chacun de nous et à tous les cadres du parti socialiste et des autres formations de gauche d'oser reconnaître ouvertement, explicitement, son excellence personnelle. Oui, c'est de la graine de grande dame. Il est nécessaire de demander à ne pas hésiter à le déclamer pour qu'une accoutumance s'effectue et que Ségolène Royal franchisse un seuil. Enfin, il me semble nécessaire de nous questionner encore et encore pour savoir quelles sont nos réticences et nos retenues, dont je ne doute pas qu'il y en ait encore.

Les réactions des cadres politiques du PS hier, après les premiers résultats du premier tour, ont été désolantes. Elles étaient timides, réservées, inadaptées. Seul Jacques Lang l'a senti et dit. A peine un journaliste a-t-il immédiatement dit qu'elle venait de faire un très beau discours. Or quelque chose de fort venait à nouveau de se passer, après la déclaration de Nicolas Sarkozy, outrageusement racoleuse et personnellement arriviste.

Aux cadres du parti socialiste:
Ne  restez pas la tête collée sur le guidon du programme technique qui en fait découle et exemplifie la vision de l'homme et de la société, et non l'inverse. Ce que vous avez globalement fait ce 22 avril au soir. Cette posture cache, très mal, vos réticences. Votre soutien ne sort de vos lèvres si ce n'est mesuré, en dessous du seuil nécessaire. Laurent Fabius, Dominique Strauss-Khann, et les autres, toutes personnalités de grande valeur, changez de ton. Quittez la technique de vos propositions, pour prendre de la hauteur. Ce n'est pas programme contre programme, c'est projet - au sens de "vision" et non de programme - contre projet. Rien de moins. Prenez vos propositions comme exemples de cette vision et non l'inverse. Et surtout, abandonnez votre amertume et votre jalousie latente. En tant que femme, j'ai vécu la réserve dont vous faites preuve ici, tous les jours et dans toutes les actions où il m'est pourtant parfois arrivé d'être la meilleure. Vous n'avez pas le droit de nous faire perdre.

Changez !

Soutenons Ségolène Royal, dans ses forces comme dans ses faiblesses, sans faille, avant le débat avec Sarkozy. Qu'elle nous sente là, derrière elle. Nous devons la porter. Sans réserve, avec chaleur, confiance, affection, admiration. Après nous verrons. Mais après seulement.

Une femme ! De jour en jour plus excellente ! Socialiste de surcroît ! Portée par la droiture infaillible de toutes les formations de gauche ! Nous avons le devoir absolu de réussir l'essai. La balle est dans votre camp, dans notre camp, bien plus presque que dans le sien.

Annie Luciani
Ingénieur Art - Science - Technologie

Rédigé le 23/04/2007 à 18:06 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

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